Start-up du mois – Safehear

Mai 10, 2022 | Stories

Start-up du mois de l’incubateur : Safehear !

 

Héléna Jérôme nous présente Safehear, ce projet spécialisé dans la vente de protection auditive connectée qu’elle a construit et créé au côté d’Antoine Kuhnast. La start-up, partenaire de STMicroelectronics et EarSonics, ne cesse d’évoluer. Le duo fait partie actuellement du programme Mentorat au sein de l’incubateur emlyon business school.

Safehear : une rencontre, une start-up

Antoine, étudiant en ingénierie et passionné d’électronique avait déjà comme projet d’améliorer les protections auditives existantes lorsqu’il a rencontré Héléna, étudiante en innovation et entrepreneuriat. L’idée est venue d’un triste constat : un ami a eu le tympan perforé et a perdu 20% d’audition lors d’un concert. Ce cas n’est malheureusement pas isolé. De nombreuses personnes subissent des chocs dans des environnements sonores très forts sans même s’en rendre compte car la prévention sur ce genre de risques est quasi inexistante. Les conséquences de ces traumatismes sont irréversibles et handicapantes au quotidien.

« Antoine a alors participé à un concours d’entrepreneuriat étudiant sur le campus de Grenoble avec cette idée. Il se trouve que j’y participais également mais je n’avais pas d’idée, j’avais pour envie et objectif de rejoindre un projet et de m’y investir. On s’est rencontré, il m’a présenté le projet, ça m’a plu et on a décidé de participer au concours ensemble ! Nous avons gagné ce concours, par la suite on en gagnera d’autres. Nous nous rendions déjà compte du potentiel de ce projet à l’époque. » nous explique Héléna.

Ils attendront la fin de l’année pour finir leurs études et se lancer officiellement dans l’aventure à deux en créant Safehear en 2020.

Louis, une protection auditive pas comme les autres

C’est en travaillant et en avançant dans leurs recherches qu’Héléna et Antoine se sont aperçus qu’il était plus viable de se concentrer d’abord sur un marché B2B et plus particulièrement dans l’industrie.

Ils sont allés directement sur le terrain visiter des usines pour prendre conscience des problématiques : « On s’est rendu compte que dans les usines, les opérateurs sont exposés à des nuisances sonores très importantes, il y a du bruit partout. Ils sont obligés de mettre des protections auditives comme des bouchons en mousse ou des casques antibruit. Mais souvent quand on les regarde vraiment, on se rend compte qu’ils ne les portent pas correctement : ils mettent le casque de travers, ils l’enlèvent dès qu’ils parlent. »

Au-delà des traumatismes et pathologies auditives, ne pas être équipé correctement peut comporter des risques grave ou mortel liés au manque de communication dans le bruit. « Ce sont des gens qui se coupent le doigt, la main ou restent bloqués dans des machines parce qu’ils ont eu une mauvaise information, parce qu’ils n’ont pas bien entendu ou bien parce qu’ils ne peuvent pas alerter à temps car on ne les entend pas. »

Face à ce constat plus qu’alarmant, Safehear a créé Louis.

C’est une protection auditive communicante qui fait partie des nouvelles générations de protection auditive connectées.
« Ce dispositif est composé d’un boitier où il y a toute la technologie. Ce dernier est relié à deux écouteurs qui sont aussi des protections auditives. L’ensemble permet de communiquer dans un environnement bruyant et de rester protégé des risques auditifs. Le produit fonctionne très simplement : dès lors que deux personnes ou plus sont équipées de ce boitier, il suffit de se rapprocher dans un périmètre d’une quinzaine de mètres maximum pour entrer en communication automatiquement. Les appareils se détectent entre eux en temps réel et offrent une communication fluide. C’est un système plug & play. Safehear a développé des algorithmes de filtrage audio qui se concentrent principalement sur les fréquences de la voix. Grâce à des micros, une carte électronique et 2 ans de R&D, on peut permettre la communication dans le bruit en toute sécurité.»

Safehear se démarque par l’ergonomie et la taille du produit qui est vraiment réduite. Vous pourrez le découvrir sur cette vidéo.

Où en est Safehear aujourd’hui et quels projets pour l’avenir ?

Après deux ans de R&D, Safehear vient tout juste de sortir et commencer à commercialiser son produit Louis. Il est industrialisé à hauteur d’une centaine de pièces. « Nous sommes très fiers de dire que nous faisons du Made in France et même du Made in Région car tous nos fournisseurs se situent dans la région Auvergne Rhône-Alpes »

« Aujourd’hui nous avons validé deux clients officiels. On a également dans notre pipe commercial une dizaine de clients qui sont actuellement en train de tester la solution et avec lesquels les discussions sont très bien engagées. Ces entreprises sont issues de secteurs très variés comme le packaging, le textile, l’agroalimentaire, l’assemblage électronique… ».

La start-up a pour objectif au long terme de développer un produit pour le grand public « L’idée de Safehear vient du grand public à l’origine. Nous avions pour projet de développer une oreillette connectée pour les spectateurs dans l’évènementiel. Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte des chocs qu’ils vivent lors d’un concert par exemple. Le bruit, au-delà de faire du mal aux oreilles, fatigue le corps et l’esprit ; c’est un enjeu de taille car le bruit est omniprésent. D’autant plus que les jeunes générations qui écoutent beaucoup de la musique ont déjà tendance à perdre l’audition jeune à cause de chocs auditifs. »

Un mot sur votre accompagnement au sein du programme Mentorat ?

« Pour accompagner la croissance de Safehear, nous avons dû rapidement recruter beaucoup de personnes. Nous sommes maintenant une équipe de 10 et des recrutements sont prévus cette année encore. La structuration RH est l’un des sujets sur lesquels notre mentor nous accompagne actuellement et depuis quelques temps. Comment manager une équipe et passer de 2 dirigeants à plus ? Nous sommes deux jeunes fondateurs et manquons d’expérience dans ce domaine. Les compétences et le savoir de notre mentor sont une aide quotidienne pour le bon développement de Safehear.»

« Également, ce qu’on ne retrouve pas dans les autres incubateurs et que l’on apprécie tout particulièrement c’est la diversité des sujets des différents ateliers, ils sont vraiment concrets. Les problématiques abordées sont très précises. En tant qu’entrepreneurs, nous nous identifions très facilement, ce sont des questions que nous nous sommes posés et pour lesquelles nous avons besoin de réponse. »

Merci à Héléna Jérôme, co-fondatrice de Safehear pour cette interview !

 

Pour en savoir plus sur :
👉 le programme Mentorat
👉 Safehear

 

 

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